Une réaction, pas une création
La perle n'est pas fabriquée par l'huître : elle est subie, puis transformée. Un grain de sable, un fragment de coquille, parfois un micro-organisme s'introduit dans le mollusque. L'animal, incapable de l'expulser, l'enveloppe. Couche après couche, il dépose autour du corps étranger une substance minérale composée de carbonate de calcium et de conchyoline — la nacre.
Ce geste dure des années. Chaque couche affine la rondeur, ajoute un reflet, approfondit la lumière que la perle renvoie. L'iridescence caractéristique — cet orient qui change selon l'angle — vient de la structure même de la nacre : des plaquettes microscopiques qui diffractent la lumière.
Perles naturelles, perles de culture

Les perles entièrement naturelles sont rares. La plupart des huîtres ne produisent rien, et parmi celles qui produisent, peu donnent une perle utilisable. C'est ce qui a longtemps rendu les perles plus précieuses que les pierres taillées.
Au début du vingtième siècle, un Japonais du nom de Kōkichi Mikimoto réussit à déclencher volontairement le processus en introduisant un noyau dans l'huître. La perle de culture était née. Elle n'est pas synthétique — la nacre est produite par l'animal — mais le déclencheur est humain. Aujourd'hui, la quasi-totalité des perles que nous connaissons sont des perles de culture, des mers japonaises aux eaux douces chinoises, en passant par Tahiti et l'Australie.
Ce que nous choisissons

Pour la collection Pearl Code, nous sélectionnons des perles de culture d'eau douce et d'eau de mer, triées pour leur forme régulière, leur lustre profond et la finesse de leur orient. Chaque lot est évalué au toucher et à la lumière. Les formes imparfaites — baroques ou en poire — sont gardées pour des pièces qui en font le choix assumé.
Un objet né lentement
Une perle ne se presse pas. Elle prend le temps de devenir ce qu'elle est — et c'est peut-être pour cela qu'elle traverse aussi bien les époques. Rien ne date dans une perle bien portée, parce qu'elle n'a jamais cherché à dater.
par Laurent Laracca

